Synopsis du documentaire

Yanomami 00065

SYNOPSIS de première expédition

Ce premier repérage se déroulera au Brésil entre Manaus, Santa Isabel et le Rio Marauià. Dans cette expédition nous accompagnerons l’ONG SECOYA qui œuvre à leur autonomisation. Notre équipe ira à la rencontre du peuple Yanomami pour interroger ses leaders et comprendre le fonctionnement de cette communauté complexe.

Pour nous épauler dans cette démarche, nous interrogerons avant notre départ différents anthropologues spécialistes des questions indigènes dans l’objectif de faire un constat sur la situation à l’heure où le gouvernement tente de revenir sur leurs droits fondamentaux.

À la suite de ce voyage, nous entrerons dans l’écriture du documentaire. De plus la mise en images de ce repérage, accompagnée de différentes interviews réalisées nous permettra de présenter ce premier travail lors du 25ème anniversaire de SECOYA à Manaus en septembre et d’annoncer notre documentaire sur le peuple Yanomami.

Note d’intention du projet documentaire

Emmanuel Oger (photo)

Emmanuel Oger, Directeur artistique, metteur en scène.

« Depuis 15 ans, l’ensemble de mes voyages en Amérique du Sud m’a conduit à la rencontre de différentes communautés indiennes. La découverte et le partage avec ces communautés, m’a permis de sentir la grande difficulté pour ces peuples natifs de maintenir leurs traditions : la répartition des tâches entre homme et femme, la transmission des anciens vers les plus jeunes, le mode de vie au sein des villages ou encore l’enseignement du chamanisme sont autant de traditions ancestrales remises en question par l’introduction du monde extérieur et de la modernité.

La notion du cercle et du cycle est fondamentale pour les Yanomami. Le déroulé du documentaire souhaite suivre cette notion. Nous partirons du cercle premier en observant la vie au cœur du shapono (auvent). Dans l’observation de la communauté, nous entremêlerons deux poésies visuelles, des images de terrain, pour les scènes de la vie quotidienne. Par ailleurs, des images nous donnant à sentir le rapport au chamanisme, aux rituels funéraires, à la vision que les Yanomami ont de leur monde, nous amènent dans une autre esthétique visuelle qui passera par l’onirisme ou le surréalisme.

Les Yanomami définissent le rapport au monde en jour de marche depuis leur shapono. Une communauté à plus d’un jour de marche est considérée comme potentiellement ennemie. Malgré cela, aujourd’hui, face aux reculs des lois brésiliennes, le regroupement des communautés est indispensable pour la défense de leurs droits. Nous ouvrirons donc notre observation vers d’autres communautés permettant les alliances. Des témoignages in situ lors de réunions de leaders, amèneront un constat de la mise en danger des peuples indigènes.

Cela nous permettra d’interroger nos deux civilisations sur leurs rapports à la nature, à la collectivité, au corps dans l’espace, par une succession d’images entremêlant ville et nature. Notre déambulation nous guidera vers les leaders de la cité avec la rencontre des représentants gouvernementaux. Des images plus journalistiques de leurs témoignages ou de leurs silences seront réalisées en contrepoint des prises de paroles Yanomami.
Les Yanomami vivent dans un espace de respiration qui concerne chacun de nous, l’Amazone étant considéré comme le poumon du monde. Réaliser aujourd’hui un documentaire sur cette communauté créé un effet de loupe sur le bouleversement des lois naturelles qui dérèglent notre climat. Lois naturelles avec lesquelles il est indispensable de rentrer en dialogue comme avec les hommes qui la préservent.
Nous continuerons l’ouverture au monde de la forêt dans sa beauté et son immensité, par vision aérienne, pour rencontrer la déforestation et l’extraction minière actuelle.

La vision de l’oiseau, du vol sur la forêt sera juxtaposée avec des plans plus crus de la problématique amazonienne, comme le voyage incontournable vers le monde extérieur et sa rencontre à l’autre cercle, urbain celui-là. Le peuple Yanomami se voit contraint de sortir de la communauté pour apprendre à utiliser nos lois afin de se préserver.

Le documentaire interroge donc, s’il existe un dialogue possible entre nos deux civilisations ainsi que notre capacité à recevoir leur enseignement. »